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Yves Barou, président de l'Afpa.
"Il faut investir dans la formation", Yves Barou, président de l'Afpa

INTERVIEW EXCLUSIVE. Alors que François Hollande a présenté le tout nouveau plan de formation massif des chômeurs, Yves Barou, président de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), révèle les défis de son organisme qui capte actuellement 27 % du marché de la formation des demandeurs d'emploi.

Batiactu : L’Afpa vient d’œuvrer à la refonte de son catalogue de formation, pour l'adapter aux nouvelles exigences sociétales (écologie et numérique), quels efforts consacrez-vous dans le secteur du bâtiment pour éviter, comme vous l’observez, un certain "relâchement"?
Yves Barou :
Le terme 'relâchement' n’est pas approprié, la profession prend conscience progressivement qu’elle doit investir dans les sujets de transition énergétique en particulier sur la rénovation. Des actions ciblées telles que Feebat Renove se développent. Elles sont à poursuivre, en raison du nombre important d’entreprises artisanales qui constituent la majorité des intervenants sur le sujet.

Batiactu : Sur un marché de la rénovation, le seul voué à être vraiment dynamique dans les prochaines années, contrairement à la construction neuve, quelles formations seront mises en œuvre ? D’autres métiers devant appeler à se "verdir", ceux de l'énergie, qui sont-ils ?
Yves Barou :
Des formations courtes sont mises en œuvre pour les salariés, telles que Feebat Renove déjà citée, ou encore des offres de formation sur l’isolation thermique par l’extérieur. Sur le fond, nous intégrons progressivement les enjeux de la transition énergétique dans nos formations et dans les titres professionnels. Ainsi le peintre façadier traite de l’isolation par l’extérieur, l’installateur thermique et sanitaire -plombier chauffagiste- est formé à l’installation des chauffe-eau solaires, les métiers de techniciens d’études intègrent les questions de conception d’ouvrage performant. Les nouveaux métiers émergents sont par exemple le constructeur en ossature bois, le chargé d’affaires en rénovation de l’habitat, ou encore le technicien supérieur d’étude en optimisation énergétique des bâtiments.

Batiactu : Quels sont les investissements consacrés aux marchés prioritaires du bâtiment et de l’énergie ?
Yves Barou :
L’Afpa investit plusieurs centaines de milliers d’euros dans l’évolution de ses plateaux de formation. Si le sujet concerne les investisseurs publics et privés, il évolue selon les normes qui obligent les investisseurs à traiter les ouvrages en conformité aux exigences réglementaires. C’est de plus en plus le cas pour les bâtiments neufs à basse consommation ou à énergie positive. La rénovation des dispositifs et d’aides prévues par la loi sur la Transition énergétique est encore en cours d’élaboration à notre connaissance.

Batiactu : Où en est le redressement financier de l’Afpa ?
Yves Barou :
Après avoir été au bord de la cessation de paiements en juin 2012, l'Afpa a entrepris un redressement progressif qui aurait dû lui permettre un retour à l'équilibre financier en 2015. Or, tel n'a pu être le cas, l'année écoulée ayant été particulièrement difficile pour l'ensemble des organismes de formation. L'année 2016 devrait toutefois permettre de renouer avec l'équilibre, sous le double effet de la poursuite des mesures de restructuration entreprises depuis 2013 et de l'impact du plan massif de formation des demandeurs d'emploi annoncé par le Président de la République.
 
"L’Afpa est ainsi prête à doubler sa capacité d’accueil de demandeurs d’emploi en embauchant 1.000 personnes", Yves Barou


Batiactu: Justement, quel regard portez-vous sur les annonces du Chef de l’Etat ? Quelle sera votre part de responsabilité dans ce plan ?
Yves Barou :
Sur les 3,5 millions de chômeurs de longue durée, 2,2 millions n’ont peu ou pas de qualifications. Or, ce sont les compétences qui font la richesse d’un pays. Ce plan est une très bonne nouvelle pour les demandeurs d’emploi car nous sommes face à l’urgence, en France comme en Europe, d’un plan massif pour préparer les actifs aux métiers de demain et aux emplois non pourvus. Il faut investir dans la formation comme nous avons su le faire dans l’après-guerre, pour préparer une nouvelle croissance et redonner espoir à ceux qui n’ont plus confiance. L’Afpa est ainsi prête à doubler sa capacité d’accueil de demandeurs d’emploi, soit 160.000 personnes sur deux ans, en embauchant 1.000 personnes et en mobilisant toutes les ressources.

Batiactu : Ces mesures vont-t-elles "redonner de l’élan" à l’Afpa ?
Yves Barou :
Ce plan est une opportunité pour démontrer l’utilité sociale de
l’Afpa. Actuellement, 15 à 20% de nos places ne sont pas utilisées alors que 60% de nos stagiaires retrouvent un emploi dans les six mois suivant leur formation.

Propos reccueillis par Sébastien Chabas (02/02/2016)


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